BOURGES

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BOURGES

Chef-lieu du département du Cher, ancienne capitale du Berry, la ville de Bourges comptait 78 713 habitants en 1990 et son agglomération 94 731.

Bourges doit à une antique croisée de routes, de Lyon vers l’Armorique et de la Bourgogne vers l’Aquitaine, une fortune brillante. Sa position sur un éperon calcaire facile à défendre, au confluent de deux petites rivières marécageuses, l’Yèvre et l’Auron, en fait, dès l’époque gauloise, une grande place (Avaric, latinisée en Avaricum). Capitale gallo-romaine des Bituriges, elle devient, au IVe siècle, métropole de l’Aquitaine première, dans des limites restées inscrites dans son archevêché (évêchés suffragants de Limoges, Tulle, Clermont-Ferrand, Saint-Flour, Le Puy). Refuge de la résistance française contre les Anglais à la fin de la guerre de Cent Ans (Charles VII «roi de Bourges»), dotée sous Louis XI d’une université (1463), elle a gardé de son rayonnement religieux et intellectuel et de sa vie de Cour un patrimoine monumental (cathédrale gothique Saint-Étienne, palais Jacques-Cœur, hôtels Cujas, Lallemant, des Échevins). De beaux jardins, dont celui de l’archevêché tracé par Le Nôtre, rehaussent encore le prestige de Bourges.

Évincée au profit de Vierzon par la route au XVIIIe siècle, par le chemin de fer au XIXe, par de grands courants de circulation centrés sur Paris, privée en 1790 de son arrière-pays bas-berrichon par la promotion administrative de Châteauroux (département de l’Indre), mal épaulée par son propre département peu peuplé, Bourges n’a jamais pu prétendre, à l’époque actuelle, jouer un rôle régional étendu. Ses transactions marchandes (foires, expositions), bancaires, de services, sa presse, son activité touristique elle-même sont aux dimensions de sa circonscription (le tertiaire occupe 69,5 p. 100 de la population active). Elle a trouvé dans l’industrie, depuis le milieu du XIXe siècle, de solides appuis. Servie par une longue tradition manufacturière (métallurgie du fer, travail de la laine), elle accueillait en 1847 une fonderie et, dans les années 1850, plusieurs ateliers de confection. Surtout, à l’écart des frontières, elle était dotée, entre 1861 et 1870, d’établissements de défense nationale: arsenal d’artillerie, École centrale de pyrotechnie, expérimentation du matériel, que le XXe siècle devait renforcer: constructions aéronautiques, École supérieure d’application du matériel, engins téléguidés. Bourges employait en 1990 29,9 p. 100 de la population active (industries du caoutchouc et des matières plastiques). Bourges s’est aussi attachée à développer ses activités culturelles: Écoles nationales des beaux-arts et de musique, Conservatoire national des arts et métiers, École de droit, Centre dramatique national (la Comédie de Bourges), Maison de la culture, la première fondée en France.

Tout autour de la vieille ville marchande et bourgeoise enserrant dans le tracé de son boulevard (anciens remparts) ses rues pittoresques, la ville moderne développe ses quartiers résidentiels, industriels, ouvriers: collectifs de Chancellerie-Gibjoncs au nord, Gionne au sud, Vauvert à l’ouest, zones industrielles de Bourges-Nord, Bourges-Ouest et Saint-Germain-du-Puy. Coupée au nord par les hortillonnages de l’Yèvre, barrée au sud-est par le champ de tir du camp d’Avord, elle empiète sur les communes voisines (Saint-Doulchard, Saint-Germain-du-Puy).

Bourges
v. de France, ch.-l. du dép. du Cher, anc. cap. du Berry; 78 773 hab. Industries.
Archevêché. Cath. St-Étienne (XIIIe s.), hôtel Jacques-Coeur (goth., XVe s.).

Encyclopédie Universelle. 2012.


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